Harry Potter et le mystère de la Chouette Effraie
Le lendemain, les cours de la matinée s’écoulèrent lentement,
aux yeux d’Harry, qui attendait, avec impatience, l’occasion de filer à la
Forêt Interdite. Au petit déjeuner, Dumbledore lui avait donné une autorisation
spéciale pour “enfreindre le règlement” (pour cette fois uniquement).
L’occasion lui fut donner cet après-midi là. En effet, McGonagall, pour
récompenser la victoire des Gryffondor, décida de ne pas faire ses cours de
Métamorphose, pour les Gryffondor uniquement, ce jour-là. Et Hagrid, sûrement
sur une suggestion de Dumbledore, ne fit pas son cours non plus, comme
l’annonçait la note accrochée dans le hall, à l’heure du déjeuner. En plus,
Dumbledore donna une excuse à Harry, pour Ron et Hermione, en prétendant
vouloir voir Harry à son bureau.
Une fois la voie libre et son repas avalé, Harry quitta
la Grande Salle et rejoignit le Parc, accompagné de Dumbledore qui devait
parler à Lupin. Ils pénétrèrent dans la Forêt Interdite. La chouette effraie
surgit alors à travers les branchages et voleta au dessus d’eux un moment,
avant de partir, incitant les visiteurs à la suivre. Le rapace les emmena le
long d’un petit sentier.
“- Ah ! C’est vous, Dumbledore ! lança Lupin en arrivant
au devant d’eux. On se demandait qui venait ainsi traîner dans les environs.
Que nous vaut cette visite ?
- Harry voulait
venir vous voir et j’ai jugé préférable de l’accompagner !
- C’est normal !
Bon, suivez moi, on ne va pas loin !”
Effectivement, Lupin ne les emmena pas loin, et ils
arrivèrent enfin dans une petite clairière où un gros chien noir et un cerf
attendaient.
“C’est bon ! les rassura Lupin, en arrivant. Ce n’est que
Dumbledore qui nous a amené un visiteur !” ajouta-t-il, désignant Harry qui
fermait la marche.
A ces mots, Sirius et James reprirent leur forme humaine.
“- Remus, Sirius, est-ce que je pourrai vous dire deux
mots ? proposa Dumbledore, brisant ainsi le silence qui s’était installé sur le
groupe.
- Bien sûr !”
Tous les trois s’éloignèrent, laissant seul, Harry avec
son père. Un court silence s’installa.
La chouette effraie, qui jusqu’à là, avait voleter au
dessus de la clairière, vint se poser dans un arbre voisin.
“- Félicitations pour votre victoire d’hier ! commença
James. Tu es un excellent Attrapeur !
- J’ai eu de la
chance !
- Comme toujours,
Harry, tu ne crois pas ?
- Peut-être !
Mais, contre Voldemort, c’est seulement grâce à toi que...!
- Pas la deuxième
fois ! Je n’ai rien pu faire pour te protéger de l’Avada Kedavra ! Si il
t’avait tué...!
- En parlant de
ça, je crois que... c’est cette pierre qui m’a permis de m’en sortir ! lança
Harry, sortant de sa poche la petite pierre qui était redevenue dorée.
- Cette pierre ?
Pourquoi ?
- Quand j’ai pu
quitter l’infirmerie, cette pierre était devenue nacrée et elle dégageait une
légère chaleur !
- Ainsi, ce
serait cette pierre qui aurait absorbée une partie du sort ? J’ai toujours
pensé que cette pierre était assez particulière, mais...! Ce n’était pas grand
chose, comme cadeau !
- Pourtant, ça a
été le plus beau de tous ! assura Harry, remettant la pierre dans sa poche. Et
le plus utile !
- Tu sais que ta
chouette, Hedwige, est très intelligente ! remarqua son père, en changeant de
sujet.
- Depuis que je
l’ai, elle m’a toujours étonnée ! admis Harry. Pourquoi ?
- Tu as reçut une
lettre en assez mauvais état, il y a quelque temps, non ?
- Euh...oui !
- Et tu ne t’es
pas demandé pourquoi elle était dans cette état ?
- Si ! Pourquoi ?
- En fait, ce
jour-là, elle s’était fait attaquée par le Grand-Duc de Voldemort. Comme cette chouette
effraie s’entendait bien avec Hedwige, elle m’a menée jusqu’à ta chouette. Sans
me connaître, Hedwige a compris que je ne lui ferais pas de mal, et elle s’est
laissé faire, alors qu’elle aurait pu s’effaroucher. Et, après ça, elle est
souvent venue dans la Forêt Interdite. Enfin, le soir où Voldemort a attaqué
Poudlard, elle a réussit à rassembler tous les élèves, disséminés dans toute la
forêt !
- C’est pour ça
qu’elle passait son temps avec l’effraie ? Au fait, d’où vient-elle ?
- En fait, c’est
tout simple ! Elle aussi s’est fait attaquée par le Grand-Duc, mais sans aucune
raison, vue que c’était un animal sauvage apparemment qui vivait dans la forêt.
Il m’a été assez difficile de lui faire comprendre que je ne lui ferais rien !
Après que je l’aie guérie, elle est restée avec moi !
- Alors, le cerf
que j’ai souvent aperçu, c’était toi, n’est-ce pas ?
- Oui ! C’est la
seule forme qui me permettait de sortir de la Forêt sans problème, comme Sirius
qui reste en chien quand il est en public !
- Surtout, que,
pour Sirius, c’est la faute de Pettigrow si, maintenant, il est obligé de se
cacher !
- Je sais !
Sirius m’a tout raconté ! Je ne pensais pas que Peter se serait joint à
Voldemort, mais, il n’a fait ça que par faiblesse ! Et tu as bien fait de lui
sauver la vie, il y a deux ans ! C’est lui qui a empêché Voldemort de venir
s’assurer que l’Avada Kedavra avait bien fonctionné ou pas ! Enfin, quoiqu’il
en soit, tu n’as rien à regretter !
- D’accord ! mais
pourquoi est-il aller tout raconter à Voldemort ? remarqua amèrement Harry.
- Je te l’ai dit,
Harry. il a agit par faiblesse, rien d’autre ! Voldemort se nourrit de la
faiblesse des autres, de ceux qui sont avide de pouvoirs ! Et, malheureusement,
Peter faisait partit de ceux-là ! D’ailleurs, aucun de nous ne l’avais jamais
suspecté !
- Hum ! Tu sais,
le sortilège que tu as utilisé pour contrer l’Avada Kedavra, dans la forêt,
pourquoi...?
- Je ne m’en suis
pas servit, pour moi-même, il y a quatorze ans ? C’est ça ? A mon avis, ça fait
quelque jours que cette question te tracasse, non ?
- Un peu, oui !
- Je ne l’ai pas
utilisé pour plusieurs raisons ! Tout d’abord, je connaissais ce sortilège,
c’est vrai, mais, même si je m’en était servis, ça n’aurait rien changé ! D’abord,
car on ne peut l’utiliser qu’une fois, tandis que l’Avada Kedavra peut-être
répété à l’infini ! Ensuite, ça ne fait que détruire le sort, pas le sorcier !
Enfin, ta mère et toi étiez encore là, et vous auriez risquer de faire les
frais de ce sortilège ! Tu comprend ?
- Oui ! Une autre
question, lorsque j’ai rencontré Voldemort à Poudlard, pour la première fois,
il m’a dit qu’il avait, à l’origine, seulement prévu de nous tuer, toi et moi !
Pourquoi ?
- Je ne sais pas !
répondit son père, après une brève hésitation. Il est possible que Voldemort
ait sentit que tu pourrais, un jour ou l’autre, représenté une menace pour lui
et qu’il ait voulut t’éliminer, tant que tu étais encore jeune !
- Et pourquoi
a-t-il fallut qu’on m’envoie chez les Dursley ? marmonna Harry.
- Pour ça, il est
vrai que Dumbledore ne t’a pas fait un cadeau en te confiant à eux ! assura son
père, en souriant. Le peu de fois que l’ai vu ton oncle, il était facile de
savoir ses sentiments, vis-à-vis des sorciers ! Ils sont assez terre-à-terre !
- Le pire, c’est
plutôt Dudley ! remarqua Harry. En plus, il est au régime et est pourri gâté,
ce qui n’arrange pas son caractère !
- Donc, si je
comprend bien, tu n’aime vraiment pas les Dursley ?
- Ca ne serait
peut-être pas le cas si eux ne me détestait pas à ce point ! Jusqu’à ce que je
reçoive ma lettre de Poudlard, je ne savais rien, rien du tout ! Et ils ne
m’auraient pas laissé partir à Poudlard si Hagrid ne les avait pas dissuadé de
s’opposer à ça ! Et, quand je suis à Poudlard, ils raconte à tout le monde
qu’il m’ont envoyé à un centre récidiviste de je ne sais plus où !
- Hum !
Dis-moi, Harry, tu préfèrerait passer tes vacances chez les Dursley, ou en
tête-à-tête avec Rogue ?
- Euh ! J’crois
que je préfère tout autant les Dursley ! Au moins, il n’ont pas l’idée
d’essayer de m’empoisonner, eux !
- T’empoisonner ?
Pourquoi ça ?
- Pour tester
l’efficacité de nos antidotes ! Et il envisageait sérieusement de faire les
test sur moi ! Et plus ça va, plus il me déteste !
- Rogue a
toujours été hargneux ! Quand on était étudiant à Poudlard, il n’était pas trop
apprécié par les autres élèves et traînait toujours avec sa bande de
Serpentard. Et, je pense que le tour que lui a joué Sirius n’a fait qu’aggraver
sa haine !”
Un long silence s’installa alors, laissant à Harry, assis
sur un tronc d’arbre abattu, le temps de réfléchir à tout ça.
“- Papa ?
- Oui Harry ?
- J’aimerai vraiment que tu reste !
- Harry ! commença
son père en venant s’asseoir sur le tronc à côté de lui. Tu sais bien que c’est
impossible ! Ca serait contre-nature !
- Mais,
Voldemort, lui, s’est bien ressuscité, lui !
- Mais Voldemort
n’était pas vraiment mort, un peu comme toi, quand tu étais inconscient, à
l’infirmerie. Mais il avait perdu ses pouvoirs ! Et puis, de toute façon, même
quand je repartirai, je serait toujours auprès de toi, quoi qu’il arrive, et ta
mère aussi ! Dumbledore m’a raconté l’épisode du Patronus...! En tout cas, quoi
que tu fasse, nous serons toujours fiers de toi, excepté, peut-être, si tu
partais du côté de Voldemort !
- Ca, jamais !
répliqua Harry, avec une détermination farouche.
- Je te reconnais
bien, là, Harry ! Tu n’es pas un Gryffondor pour rien ! Ne pas se laisser
abattre ! C’est ce qui est le plus important, dans la vie !”
Harry s’apprêtait à répondre, quand Dumbledore, Sirius et
Lupin, ayant visiblement finis de discuter, arrivèrent dans la clairière.
“- Désolé de vous interrompre ! lança Dumbledore en
arrivant. Mais, Harry, il faudrait peut-être penser à rentrer au château, si tu
veux être à l’heure pour ton cours d’Histoire de la Magie !
- C’est déjà
l’heure ? s’étonna Harry, visiblement déçu. Demain, j’ai l’après-midi libéré,
est-ce que je pourrai revenir ?
- Pas tout seul,
en tout cas, Harry ! remarqua Dumbledore.
- Je pourrai
toujours venir le prendre au château ! proposa Lupin.
- Du moment qu’il
ne s’aventure pas à venir seul, c’est bon !
- Génial !
s’exclama Harry, en se levant d’un bond. Bon, à demain, alors !
- D’accord !
Amuse-toi bien avec le professeur Binns !
- Ses cours sont
tellement passionnant !” ironisa Harry, en quittant la clairière.
Harry et Dumbledore quittèrent, en silence, la Forêt
interdite.
“- Je vois que cette petite escapade t’a plût ! remarqua
Dumbledore avec un petit sourire.
- Oh, oui !
C’était génial !
- Mais, Harry !
Je ne veux pas que tu sois tenter de faire des sorties “discrètes”, en pleine
nuit, par exemple ! Je suis bien clair sur ce point ?
- Je comptais pas
faire de sortie de ce genre ! assura Harry, comprenant l’allusion à la cape
d’invisibilité. Je sais que ça ne serait pas prudent !
- Bien ! Je te
laisse là ! ajouta Dumbledore quand ils arrivèrent dans le hall du château. Tu
ferais bien de te dépêcher car ton cours commence dans deux minutes, et le
professeur Binns est plutôt strict sur la ponctualité !”
Harry acquiesça et fila en vitesse dans l’escalier de
marbre, pour rejoindre ses amis, qui attendaient devant la salle d’Histoire de
la Magie, deux secondes avant que la cloche ne retentisse.
“- Eh, Harry ! Qu’est-ce qu’il te voulait, Dumbledore,
pour te garder aussi longtemps ? demanda Ron, alors qu’ils entraient dans la
classe, précédés par le professeur.
- Je t’expliquerai plus tard !” lança vivement Harry, sous un
regard contrarié du professeur.
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